Climat des affaires : Le Maroc consolide son rang de leader régional selon la Banque Mondiale, mais des défis persistent

Le Maroc se hisse au 2ème rang en Afrique et dans le Monde arabe dans le nouveau rapport « Business Ready » de la Banque Mondiale. Avec un score en progression à 63,44/100, le Royaume confirme la solidité de son cadre réglementaire et la qualité de ses services publics. Analyse d’une performance qui cache toutefois un défi majeur : celui de l’efficacité opérationnelle sur le terrain.
Rapport ‘Business Ready’ : Le Maroc conforte sa position de leader régional
Le Royaume confirme une nouvelle fois la pertinence de ses réformes structurelles en matière d’environnement des affaires
Ce classement n’est pas anodin. Il s’agit d’un signal fort envoyé aux investisseurs nationaux et internationaux, validant les orientations stratégiques du Royaume visant à faire du secteur privé un moteur de croissance durable. Le positionnement du Maroc, juste derrière les économies les plus performantes comme la République de Corée (78,24 points), dans un panel où 60% des pays disposent d’un revenu par habitant supérieur, atteste de la qualité des avancées réalisées. Il s’agit désormais de capitaliser sur cet acquis pour attirer des investissements à plus forte valeur ajoutée et stimuler la création d’emplois.
Décryptage du ‘Business Ready’ : Une méthodologie à trois piliers
Pour appréhender la portée de ce classement, il est essentiel de comprendre la méthodologie du rapport « Business Ready »
Cette triple perspective permet d’offrir une vision holistique de l’environnement des affaires
Création d’entreprise et commerce international : Les fers de lance de l’attractivité marocaine
L’analyse détaillée des scores par thématique révèle les domaines d’excellence du Maroc. Le pays se distingue particulièrement par la fluidité de son cadre pour la création
Ces performances ne sont pas le fruit du hasard mais le résultat de réformes ciblées. La dématérialisation des formalités via les Centres Régionaux d’Investissement (CRI), la modernisation du droit des sociétés et les avancées en matière de facilitation douanière ont directement contribué à ces scores élevés. Ces domaines constituent aujourd’hui le socle de l’attractivité du Maroc et un argument de poids dans la compétition régionale pour capter les flux d’investissements directs étrangers (IDE).
Efficacité opérationnelle : Le talon d’Achille identifié par la Banque Mondiale
Malgré ce bilan globalement positif, le rapport met en lumière une contre-performance notable sur le troisième pilier : l’efficacité opérationnelle. Le score du Maroc sur ce volet recule à 55,7 points, contre 59,66 lors de la précédente édition. Les auteurs du rapport nuancent cette baisse en l’attribuant principalement à des facteurs méthodologiques, à savoir l’élargissement de l’échantillon de pays et l’utilisation des mêmes données de l’enquête « Enterprise Survey » de 2023. Néanmoins, ce chiffre ne doit pas être ignoré. Il signale un décalage entre la qualité du cadre réglementaire et l’expérience vécue par les entreprises au quotidien.
Ce pilier mesure des réalités concrètes telles que les délais de paiement, la célérité de la justice commerciale, ou encore la prévisibilité de l’administration fiscale. Le recul du score, même technique, invite à une introspection sur la mise en œuvre effective des réformes. Il souligne l’impératif de traduire les avancées législatives en gains tangibles pour les opérateurs économiques, en particulier les PME et TPE qui sont souvent les plus exposées aux lourdeurs administratives et aux incertitudes du terrain.
Une performance inscrite dans une stratégie de long terme
La progression du Maroc dans le classement « Business Ready » est l’aboutissement d’une politique volontariste initiée il y a plus d’une décennie. Elle s’inscrit dans le sillage de la Stratégie de développement du climat des affaires
Plus récemment, l’adoption de la nouvelle Charte de l’Investissement et la réforme des Centres Régionaux d’Investissement ont donné une nouvelle impulsion à cette dynamique. L’objectif est clair : créer un écosystème propice à l’investissement privé, considéré comme le principal levier pour atteindre les objectifs du Nouveau Modèle de Développement, à savoir porter la part de l’investissement privé à deux tiers de l’investissement total d’ici 2035. La performance dans le rapport de la Banque Mondiale valide donc la cohérence et la continuité de la vision stratégique du Royaume.
Les chantiers à venir : Transformer les acquis réglementaires en avantages compétitifs
Si le Maroc peut se féliciter de sa position, le véritable enjeu est désormais de transformer ces bonnes notes en une dynamique économique plus robuste et inclusive. Le défi principal réside dans la réduction de l’écart entre un cadre réglementaire performant et une efficacité opérationnelle perfectible. Cela passe par une accélération de la réforme de la justice, notamment pour réduire les délais de traitement des contentieux commerciaux, une condition sine qua non pour renforcer la confiance des investisseurs. La poursuite de la simplification administrative et la généralisation de la digitalisation des services publics sont également des axes prioritaires.
In fine, l’amélioration du climat des affaires
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