Climat des affaires au Maroc : Le rapport ‘Business Ready’ décrypte les avancées et les défis persistants

Le Maroc confirme sa dynamique positive dans la nouvelle édition du rapport « Business Ready » de la Banque Mondiale, se classant 2ème en Afrique et dans le Monde arabe. Si le cadre réglementaire et la qualité des services publics sont salués, l’analyse pointe le défi persistant de l’efficacité opérationnelle. Décryptage des forces, des faiblesses et du rôle clé de la nouvelle Charte de l’Investissement.

Rapport ‘Business Ready’ : Le Maroc consolide sa position de leader régional

La dernière livraison du rapport « Business Ready » de la Banque Mondiale, publiée ce lundi, vient confirmer la trajectoire positive du Maroc en matière d’amélioration de son climat des affaires

Cette progression n’est pas le fruit du hasard mais l’aboutissement d’une politique volontariste menée au plus haut niveau de l’État. Elle s’inscrit dans une vision stratégique visant à faire du Maroc une destination privilégiée pour les investissements nationaux et internationaux. Le climat des affaires, entendu comme l’ensemble des facteurs macro-économiques et micro-économiques déterminant l’attractivité d’un territoire et les conditions d’exercice des entreprises, est au cœur des réformes structurantes engagées ces dernières années.

Décryptage de la méthodologie : Au-delà du score, les trois piliers de la performance

Pour apprécier la portée de ce classement, il est essentiel de comprendre la méthodologie du rapport « Business Ready ». L’évaluation ne se contente pas d’un simple indicateur, mais repose sur une analyse fine de dix thématiques couvrant le cycle de vie de l’entreprise, depuis sa création jusqu’à la résolution des litiges. Ces thématiques sont évaluées à travers trois piliers complémentaires : le cadre réglementaire, la qualité des services publics et l’efficacité opérationnelle. Les deux premiers piliers sont nourris par des données collectées auprès d’experts et de praticiens du droit et des affaires, tandis que le troisième, plus subjectif, reflète la perception des opérateurs économiques à travers l’enquête triennale « Enterprise Survey ES ».

Cette approche tripartite permet de distinguer la qualité de la législation en vigueur (la loi) de la qualité de son application par l’administration (les services publics) et de l’expérience vécue par les entreprises sur le terrain (l’efficacité). C’est dans la nuance de ces trois piliers que se lisent les véritables forces du Maroc, mais aussi les axes de progrès qui demeurent.

Les points forts du Maroc : Un cadre réglementaire et des services publics plébiscités

L’analyse détaillée des scores marocains révèle une performance particulièrement robuste sur les deux premiers piliers. Le pilier du cadre réglementaire atteint un score solide de 70,06 points, tandis que celui de la qualité des services publics s’établit à 64,55 points. Ces chiffres témoignent de l’effort considérable de modernisation de l’arsenal juridique et de la digitalisation des procédures administratives. Cinq thématiques se distinguent particulièrement, avec des scores élevés : les services d’utilité publique (80,05), le commerce international (74,5), la création d’entreprise

Ces résultats sont la concrétisation de réformes législatives majeures. L’accélération de la mise en œuvre de la loi n° 55-19 relative à la simplification des procédures et formalités administratives, avec la publication de ses décrets d’application, a directement impacté la facilité de création et d’implantation des entreprises. De même, la dématérialisation des procédures douanières et la modernisation des infrastructures portuaires expliquent l’excellente note en matière de commerce international.

L’efficacité opérationnelle : Le talon d’Achille de l’écosystème marocain ?

En dépit de ce tableau globalement positif, une ombre subsiste : le pilier de l’efficacité opérationnelle. Le Maroc y enregistre une contre-performance relative, avec un score de 55,7 points, en recul par rapport à la première édition (59,66). Il convient toutefois de nuancer cette baisse. Le rapport lui-même l’attribue à un effet statistique : l’élargissement du nombre de pays comparés et, surtout, l’utilisation des mêmes données de l’enquête « Enterprise Survey » de 2023. Il ne s’agit donc pas d’une dégradation de la situation sur le terrain, mais d’un repositionnement dans un classement plus compétitif.

Néanmoins, ce score met en lumière un défi majeur pour le Royaume : le décalage persistant entre la qualité des textes de loi et la perception de leur application par les entreprises. L’efficacité opérationnelle mesure la fluidité réelle des affaires, les délais de paiement, la célérité de la justice commerciale ou encore la lourdeur perçue de certaines interactions avec l’administration. C’est sur ce front que les efforts doivent désormais se concentrer pour que les avancées réglementaires se traduisent pleinement en gains de compétitivité pour le tissu économique.

La nouvelle Charte de l’Investissement, un levier stratégique

Conscient de ces enjeux, le Maroc a mis en place un dispositif central pour adresser ces défis : la loi-cadre 03-22 formant Charte de l’investissement

La charte vise à simplifier et à digitaliser le parcours de l’investisseur, à garantir un accès équitable au foncier et à renforcer la gouvernance unifiée et décentralisée de l’investissement. Son déploiement effectif est la clé pour combler le fossé entre le cadre réglementaire, jugé performant par la Banque Mondiale, et l’efficacité opérationnelle, qui reste un chantier prioritaire.

Perspectives et chantiers : Transformer les acquis réglementaires en réalité terrain

Le rapport « Business Ready » offre un diagnostic précieux. Il valide la pertinence des réformes structurelles engagées par le Maroc, qui ont permis de bâtir un cadre juridique et administratif moderne et attractif. Le défi pour les années à venir sera de parachever cette transformation en assurant une mise en œuvre intégrale et efficace sur le terrain. Cela passe par une mobilisation continue de l’administration, une accélération de la réforme de la justice commerciale et un dialogue permanent avec le secteur privé pour lever les derniers irritants bureaucratiques.

Les performances du Maroc dans ce classement international sont un signal fort envoyé aux investisseurs
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