Climat des affaires : Le Maroc consolide son rang de leader régional dans le rapport « Business Ready » 2025

Le Maroc confirme sa position de leader en se classant 2ème en Afrique et dans le Monde Arabe dans le nouveau rapport « Business Ready » de la Banque Mondiale. Avec un score en hausse, le Royaume brille par son cadre réglementaire et la qualité de ses services publics. Analyse d’une performance qui cache un défi majeur : l’efficacité opérationnelle sur le terrain.

Performance Marocaine dans le ‘Business Ready’ : Une Confirmation au Sommet Régional

Le Maroc réaffirme sa position de leader économique en Afrique et dans le monde arabe. Selon la deuxième édition du rapport « Business Ready » de la Banque mondiale
investisseurs

Cette consolidation de la performance marocaine intervient dans un contexte d’évaluation plus exigeant. La nouvelle édition du rapport a en effet élargi son champ d’analyse à 101 économies, contre seulement 50 précédemment, dont une majorité (60%) présente un revenu par habitant supérieur à celui du Maroc. Se maintenir et progresser dans un tel classement démontre la résilience et la pertinence des chantiers engagés par le Royaume pour optimiser son écosystème des affaires

Décryptage de la Méthodologie ‘Business Ready’ : Trois Piliers pour une Vision Intégrale

Succédant au célèbre rapport « Doing Business », le « Business Ready » propose une grille d’analyse plus fine et holistique du climat des affaires
environnement des affaires

Le premier pilier, le ‘cadre réglementaire’, évalue la qualité et l’efficience des lois et régulations en vigueur. Le deuxième, la ‘qualité des services publics’, mesure la performance de l’administration dans l’accompagnement des entreprises (délivrance de permis, services en ligne, etc.). Enfin, le troisième pilier, l »efficacité opérationnelle’, se fonde sur les retours directs des entreprises via l’enquête triennale « Enterprise Survey ES » pour jauger la réalité du terrain. C’est cette triple approche qui confère au rapport sa profondeur et sa crédibilité auprès des décideurs et des investisseurs internationaux, qui y voient un outil de diligence et d’aide à la décision stratégique.

Les Points Forts du Maroc : Un Cadre Juridique et Administratif de plus en plus Robuste

L’analyse détaillée des résultats marocains révèle une performance particulièrement solide sur les deux premiers piliers. Le score du cadre réglementaire atteint 70,06 points, tandis que celui de la qualité des services publics s’établit à 64,55 points, tous deux en progression. Cinq domaines se distinguent par des scores élevés, constituant de véritables atouts pour l’attractivité du Royaume. Il s’agit des ‘services d’utilité publique’ (80,05 points), reflétant la fiabilité de l’accès à l’électricité et à l’eau, du ‘commerce international’ (74,5 points), porté par des infrastructures portuaires de premier plan et des procédures douanières modernisées, et de la ‘création d’entreprise’ (73,95 points), fruit des réformes des Centres Régionaux d’Investissement (CRI).

L »implantation des entreprises’ (73,82 points) et les ‘services financiers’ (68,24 points) complètent ce tableau d’excellence. Ces résultats traduisent concrètement la simplification des procédures d’urbanisme commercial et la sophistication croissante de l’écosystème financier, notamment autour de la place forte Casablanca Finance City. De même, les progrès notés en matière de concurrence et de règlement des litiges commerciaux renforcent la sécurité juridique
investisseur à long terme

L’Efficacité Opérationnelle : La Marge de Progression Identifiée

Si le bilan global est positif, le rapport met en lumière un point de vigilance : le troisième pilier, relatif à l’efficacité opérationnelle. Le score du Maroc sur cet axe s’érode légèrement, passant de 59,66 à 55,7 points. Il est crucial de contextualiser cette contre-performance. Selon la Banque mondiale, elle est principalement due à un effet statistique : l’élargissement de l’échantillon à 101 pays, dont beaucoup sont très performants, et l’utilisation des données de l’enquête « Entreprise Survey » de 2023, identiques à celles de la première édition. Il ne s’agit donc pas d’une dégradation intrinsèque, mais d’un recul relatif dans un environnement plus compétitif.

Néanmoins, ce chiffre doit être interprété comme un signal. Il indique une décorrélation partielle entre la qualité de la norme juridique (‘de jure’) et sa perception ou son application sur le terrain (‘de facto’). Les frictions administratives, les délais de paiement ou les difficultés d’accès au foncier, bien qu’en cours d’amélioration, peuvent encore peser sur l’expérience entrepreneuriale

Implications pour les Opérateurs : Entre Sécurité Réglementaire et Défis Pratiques

Pour les avocats d’affaires, les directeurs juridiques et les investisseurs, ce rapport est riche d’enseignements. Il confirme que le Maroc offre un cadre normatif solide et prévisible, notamment en matière de droit des sociétés, de droit commercial et de fiscalité

Cependant, le défi de l’efficacité opérationnelle rappelle l’importance d’une diligence approfondie et d’un accompagnement local expert. Il souligne que la réussite d’un projet ne dépend pas uniquement de la lettre des textes, mais aussi de la capacité à naviguer efficacement dans l’écosystème administratif. Les professionnels du droit et du chiffre ont un rôle clé à jouer pour fluidifier cette interaction, anticiper les obstacles pratiques et transformer les défis opérationnels en opportunités grâce à une connaissance fine des rouages institutionnels.

Vers une Convergence Accélérée : Les Prochains Levier de Réforme

Le rapport « Business Ready » agit comme une boussole pour les pouvoirs publics, validant les stratégies adoptées tout en pointant les axes d’amélioration prioritaires. L’enjeu pour le Maroc est désormais de faire converger le score d’efficacité opérationnelle avec l’excellence de son cadre réglementaire. Cela passe inévitablement par l’accélération de la digitalisation des services publics, la poursuite de la simplification des procédures administratives complexes et le renforcement des mécanismes de médiation et d’arbitrage pour résoudre les litiges de manière plus rapide et efficiente.

Les chantiers déjà lancés, tels que la réforme de la justice commerciale ou la dématérialisation complète des autorisations, vont dans ce sens. En se saisissant des conclusions de ce rapport, le Maroc dispose d’une feuille de route précise pour transformer ses acquis réglementaires en gains de productivité tangibles pour les entreprises. La prochaine édition du « Business Ready » sera le juge de paix de la capacité du Royaume à combler cet écart, pour faire de son climat des affaires
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